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Il fait l'histoire non pas, comme le politiqueou l'écrivain, par des préparations et influences éloignées; il faitl'histoire directement, sur place; il y met la main, sans métaphore.Ce qu'il taille dans de la chair, ce qu'il pétrit dans du sang, c'estla destinée d'un peuple. La guerre est l'action par excellence.Qu'est, auprès de celle-là, l'action du poète ou de l'artiste? Leuroeuvre même dépend au fond de celle du soldat. Et voyez: la part quele hasard a toujours dans le succès des batailles et qui me semblaittout à l'heure diminuer le mérite des chefs d'armée, rend, aucontraire, leur fonction plus tragique et plus solennelle. Ilssentent que ni les calculs de la prudence, ni le courage, ni larapidité et la vigueur de la décision ne suffisent ici et que, faisantl'histoire, ils la font avec quelqu'un qui ne se montre pas, qui estpeut-être contre eux, et qu'ils collaborent avec un grand inconnu. Ilme semble qu'ils doivent frissonner par moments, être saisis d'uneffroi mystique. oculos oakley probation
Aussi tous les grands hommes de guerre ont-ils eubesoin de croire à leur étoile, c'est-à-dire à une volonté divine,plus forte que tout, et qui leur donnait la victoire.Un de mes amis qui a fait la campagne de 1870 en qualité delieutenant, qui depuis est entré dans l'Université, et que jen'hésitais point à juger beaucoup plus intelligent que les troisquarts de nos commandants de corps, me disait l'autre jour: «Je n'aijamais commandé plus de deux cents hommes. Or, je sais bien que lapremière fois que j'ai dû m'en servir devant l'ennemi, j'étaisdiablement ennuyé. Je m'en suis tiré parce que je n'avais guère àfaire preuve d'initiative; mais un bataillon de mille hommes m'auraitfort gêné, si j'avais dû le faire manoeuvrer. Et cependant j'avaisplus d'une fois commandé un bataillon... oculos oakley inmate sur le champ de manoeuvre.»C'est bien cela. Ce qui fait la grandeur d'un général en chef, outrel'intelligence calculatrice et organisatrice qu'il doit posséder à undegré remarquable, c'est qu'il doit agir, et dans les conditions lesplus terribles, les plus propres à paralyser la volonté. Il y faut ungénie particulier qu'il serait puéril de juger inférieur, par laqualité, à celui du grand peintre ou du grand écrivain. Et de fait,cette espèce de génie-là ne se rencontre pas plus fréquemment que lesautres. C'est, du reste, un don moral autant qu'intellectuel. Celan'est point, je pense, pour le diminuer. oculos oakley masculino
Ce don, le duc d'Anguienl'avait évidemment, et peut-être même n'y a-t-il point d'autre grandgénéral chez qui ce don ait éclaté plus purement, ait moins été mêlé àd'autres.IVÀ vingt et un ans il gagne la bataille de Rocroy. Cela est unique, carAlexandre et Napoléon avaient du moins quelque vingt-cinq ans quandils gagnaient leurs premières batailles.Oui, c'est bien lui qui eut le principal honneur de la journée: il estimpossible d'en douter après le récit de M. le duc d'Aumale. Dans cerécit fort bien fait, très clair, malgré la multiplicité des détails,emporté d'un beau mouvement et comme traversé d'un souffle de joiehéroïque, le duc d'Anguien est toujours en scène, toujours au premierplan; c'est lui qui fait tout, et tout tourne autour de lui. Et c'estbien lui qui, au milieu de la bataille, a l'idée du fameux mouvementqui nous valut la victoire.


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