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Plusieurs de leurstableaux sont d'une tristesse qui prend aux nerfs, qui fait mal, etd'autant plus qu'elle sort des choses et non plus, comme dans l'ancienroman dit idéaliste, d'une situation morale, généralement d'une lutteintérieure entre des sentiments contraires, exposée sous formed'effusion solitaire ou de dialogues. Dans la nouvelle école, lepathétique se dégage plutôt de descriptions en grande partiematérielles. Ce n'est plus la «douce terreur» et la «pitié charmante»dont parlait Boileau: c'est quelque chose de plus désolé et de pluspoignant; c'est ce que je voudrais appeler une émotion pessimiste, unecompassion qui, par delà les souffrances particulières, va à la grandemisère humaine, une sensation des fatalités cruelles. Voyez dansSoeur Philomène, l'agonie de Romaine, à qui l'on vient de couper lesein, le délire impie de la mourante, entrecoupé, dans la grande salled'hôpital où souffrent tant de malheureuses, par la voix de la soeurrécitant la prière du soir: «Hélas! Seigneur, que puis-je faire enreconnaissance de tant de bonté?...»--Voyez encore la dernière moitiéde Germinie Lacerteux, la maladie jour par jour et la mort de Renée,quelques-unes des dernières pages de Manette Salomon, la luttetragique de Charles contre la folie envahissante. oculos oakley modelos
Et j'ose ajouter:voyez Anatole allant enterrer Vermillon...--Les romans d'à présent (jeparle toujours des romans littéraires) n'ont rien de bien consolant.On en est venu à regarder l'optimisme, dans les oeuvres d'imagination,comme tout proche de la banalité. On aime que l'art soit pessimiste;le sentiment qui conduit le romancier à voir et à peindre depréférence, dans la réalité, ce qu'elle a de tristesses et de cruautésabsurdes, paraît un sentiment distingué; on éprouve à le partager unesorte d'orgueil intellectuel, on y voit une protestation bien humainecontre le mal inexplicable. Ajoutez qu'il ne reste peut-être plus quecet art violent pour nous donner les émotions dont nous avons besoin. oculos gascan oakley À plus forte raison peut-il seul contenter les écrivains qui lepratiquent, et qui, à supposer que nous soyons malades, doivent l'êtreencore plus que nous, étant parmi nous les premiers. On conçoit dereste que le tempérament de MM. de Goncourt et leur dédain desapparences mêmes de la banalité les ait détournés des romans «quifinissent bien».VLe plus souvent, c'est encore sur une description, sur un tableau ques'achèvent leurs petits drames lamentables: tant ils sont, avant tout,peintres et descripteurs! Ils le sont avec passion, avec subtilité età la fois avec exubérance. Ils ont le détail aussi menu et aussiabondant que Théophile Gautier, mais nullement sa sérénité, et, commes'ils recevaient des objets une sensation trop forte, ils ont presquetoujours, dans l'expression, une fièvre, une inquiétude. De leurregard attentif, aigu, ils voient les plus petites choses, ils envoient trop; mais il faut tout de suite ajouter qu'ils les voient enartistes, non en commissaires-priseurs; qu'ils ne notent, en somme,que celles qui ont une valeur picturale, qui sont susceptibles d'unetraduction pittoresque. Et parmi celles-là ils accentuent celles quise rapportent le mieux à l'impression générale qu'ils veulentproduire. lentes oculos oakley
En un mot, leurs descriptions, comme celles de tous lesgrands peintres, rendent en même temps la figure exacte et l'âme deschoses à un moment donné. Ce qui leur est propre (et je songe surtoutaux descriptions de Manette et de Madame Gervaisais), c'est letourment de tout sentir et de tout rendre sensible, c'est l'effort unpeu maladif.Prenons pour exemple la description de l'atelier de Coriolis aucrépuscule. Le détail est infini, menu, extrêmement cherché; mais ilest un, j'entends subordonné à un effet d'ensemble. L'observateurregarde les objets l'un après l'autre, y poursuit la fuite lente dujour, note où en est sur chacun d'eux l'effacement de la lumière aumoment où son regard s'y porte. Qu'on juge de la précision de cettechasse par quelques détails: «..


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